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Bénédicte Gastineau, Lucy Gathier. Violences conjugales à Antananarivo (Madagascar): un enjeu de santé publique. The Pan African Medical Journal. 2012;11:23 Key words: Madagascar, violence conjugale, femme, santé publique Permanent link: http://www.panafrican-med-journal.com/content/article/11/23/full Received: 04/01/2012 - Accepted: 05/02/2012 - Published: 13/02/2012 © Bénédicte Gastineau et al. The Pan African Medical Journal - ISSN 1937-8688. This is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited. |
Violences conjugales à Antananarivo (Madagascar): un enjeu de santé publique
Bénédicte Gastineau1,&, Lucy Gathier2
1Institut de Recherche pour le Développement, Laboratoire Population-Environnement-Développement CEFORP, Immeuble ENEAM 03 BP 1079 Cotonou, Bénin, 2Responsable Enquête ELVICA Enda – Bureau Océan Indien, Madagascar
&Auteur correspondant
Bénédicte Gastineau, Institut de Recherche pour le Développement, Laboratoire Population-Environnement-Développement, CEFORP, Immeuble ENEAM 03 BP 1079 Cotonou, Bénin
La violence conjugale a été étudiée dans beaucoup de pays développés mais peu en Afrique subsaharienne. Madagascar est un pays où ce phénomène est peu documenté.
En 2007, une enquête sur la violence conjugale à Antananarivo (ELVICA) a été menée sur la violence conjugale envers les femmes dans la capitale malgache. ELVICA a interrogé 400 femmes en union, de 15 à 59 ans. Des informations sur les caractéristiques démographiques, socioéconomiques des couples ont été collectées ainsi que sur les actes de violences physiques des hommes sur leurs épouses. L’objectif de cet article est d’identifier les facteurs de risques de la violence conjugale grave, celle qui a des conséquences sur la santé physique des femmes.
Trente-cinq pour cent des femmes qui ont déclaré avoir subi au moins une forme de violence physique au cours des 12 mois précédent l’enquête. Presque la moitié (46%) des femmes violentées ont déclaré avoir déjà eu des hématomes, et environ un quart (23%) des plaies avec saignement. Vingt-deux pour cent ont déjà dû consulter un médecin. Parmi les nombreuses variables socioéconomiques et démographiques testées, quelques-unes sont associées positivement au risque de violence conjugale grave: le fait pour une femme d’être en union consensuelle et d’avoir une activité professionnelle. Il y aussi un lien entre la violence subie et l’autonomie des femmes (liberté accordée par le mari de travailler, de circuler, de voir sa famille).
A Madagascar, comme ailleurs, la lutte contre les violences conjugales est un élément majeur de l’amélioration du statut et de la santé des femmes.

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